Le manifeste de l'université ouverte
Partageons le savoir !
L'éducation est le processus qui permet de se construire. En revendiquant ses responsabilités, par la confrontation des idées, l'éveil du jugement et d'un esprit critique, elle peut devenir un moyen pour imposer un enjeu incontournable : celui de préparer chacun à une véritable participation à la vie de la cité. Et si l'exercice de la citoyenneté peut amener à la pratique d'une liberté pleine et entière, elle est une des réponses prioritaires à l'exclusion.
Car l'exclusion n'est pas seulement une privation de l'élémentaire (travail, logement, ressources) ; elle est aussi une douloureuse rupture de l'accès au savoir et à la connaissance. Le système ne réussit plus à développer l'autonomie et le sens critique nécessaires à un plein exercice de la citoyenneté. Il muselle ainsi l'épanouissement de chacun et la liberté de tous.
Avec l'Université Ouverte, nous voulons réAgir face à cette perversion, rappeler que le Savoir reste un outil essentiel d'émancipation. Nous aspirons à faire vivre un de ces lieux où il aurait vocation à circuler et s'échanger, au service de chacun et réquisitionné par tous. Un lieu d'apprentissage et d'exercice de la liberté et de la citoyenneté où il est possible de se construire un regard original et critique. Un lieu dont l'ambition première est d'imaginer et de créer une société solidaire.
Aussi le principe fondateur de l'Université Ouverte est-il d'AGIR.
En animant des cours et ateliers spécialisés gratuits, qui visent à redonner un accès au savoir à ceux qui en ont été rejetés, voire à leur rouvrir les voies institutionnelles. En provoquant la rencontre de personnes d'horizons divers. En partageant et confrontant nos expériences et connaissances multiples. En cherchant comment bousculer les idées, les reformuler, pour aboutir à des actions, produire du sens et en particulier un sens commun (c'est-à-dire élaboré en commun et donc démocratique). En nous positionnant dans l'invention d'une alternative entre un savoir abstrait, élitiste, et un apprentissage simpliste de l'efficacité. Et donnant une dimension politique à nos actions, puisque le partage du savoir mène inévitablement au partage du pouvoir.
« L'échange, voire le troc, des savoirs, des biens, des services, basé sur la solidarité et l'initiative à la base, ne prend-il pas en compte des besoins sociaux et environnementaux non satisfaits par le grand marché mondial qu'intéresse la seule valorisation des capitaux ? Il reconstruit ce que la compétition tend à détruire. » Albert Jacquard
